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- Vers des solutions de lutte agroécologique contre la cicadelle du gombo
Vers des solutions de lutte agroécologique contre la cicadelle du gombo, insecte ravageur des cultures maraichères
Cicadelle du gombo
Encore peu connue localement, cette petite cicadelle s’attaque principalement au gombo et à l’aubergine, deux cultures essentielles pour l’économie agricole martiniquaise. Sa présence a été confirmée dans plusieurs zones de production et l’insecte commence à se répandre rapidement.
Sur le terrain, les premières observations et expérimentations permettent de mieux comprendre son comportement et sa biologie, fournissant des pistes essentielles pour anticiper sa diffusion et mettre en place des stratégies de lutte adaptées.
Une menace sérieuse pour les cultures locales
La cicadelle se nourrit de la sève des plantes en piquant les feuilles, provoquant des dommages irréversibles : jaunissement, dessèchement et enroulement des feuilles. Dans les cas les plus graves, les plants peuvent stopper leur croissance et mourir prématurément. Les pertes de rendement sont importantes : jusqu’à 75 % sur certaines cultures.
La cicadelle représente un risque accru en raison de sa capacité à coloniser un large éventail de plantes hôtes, y compris des espèces sauvages locales.
Une mobilisation rapide des acteurs de la filière
Face à cette menace, la Fédération régionale de lutte et de défense contre les organismes nuisibles (la Fredon Martinique), et le Cirad, ont réalisé un premier état des lieux phytosanitaire.
Les observations de terrain et des essais expérimentaux ont permis de mieux comprendre le cycle de vie, les modes de propagation et le potentiel d’infestation de la cicadelle. Ces données sont essentielles pour anticiper sa progression et adapter les stratégies de lutte.
Vers une gestion de lutte intégrée et écologique
Dans d’autres régions du monde, la cicadelle a développé des résistances à plusieurs familles d’insecticides. Pour limiter l’usage des produits chimiques, les experts privilégient des stratégies de gestion intégrée :
- Surveillance renforcée des parcelles
- Pratiques culturales adaptées
- Protection physique des plants avec des filets anti-insectes
- Recherche de prédateurs naturels
- Sélection de variétés résistantes
En Martinique, pour accompagner les agriculteurs et les acteurs agricoles, un document technique, édité par la Fredon et le Cirad, vient d’être publié. Il propose :
- Un bilan phytosanitaire détaillé
- Une évaluation des pratiques alternatives aux pesticides
- Des informations sur la biologie, le comportement et la propagation de la cicadelle afin d’anticiper les périodes à risques
- Des recommandations pratiques pour reconnaître et limiter les risques
Des travaux conduits dans le cadre du projet AMRASCA
Le projet « Gestion agroécologique d’un ravageur invasif émergent sur le gombo et l’aubergine (AMRASCA), piloté par le Cirad en collaboration avec la Fredon Martinique a été lancé en 2024. L’objectif est de proposer une gestion agroécologique de ce ravageur émergent, et de :
- Tester et diffuser des pratiques respectueuses de l’environnement pour protéger le gombo et l’aubergine
- Evaluer l’efficacité et l’adoptabilité des pratiques en station intégrant l’utilisation de Préparations Naturelles Peu Préoccupantes (PNPP) et la protection physique avec un filet anti-insectes. Les PNPP évaluées au cours du projet sont le purin de Gliricidia (arbre tropical de la famille des légumineuses), la macération de piment fort et la macération huileuse d’ail.
- Evaluer la sensibilité variétale sur gombo et groseille-pays.
Ce projet répond à des enjeux clairs : accompagner les agriculteurs dans l’adoption de pratiques durables et agroécologiques pour lutter contre ce ravageur, protéger les cultures locales en limitant le recours aux pesticides et mieux connaître ce ravageur pour anticiper et adapter les méthodes de lutte.
Ce travail et le livret technique ont été présentés aux producteurs maraîchers, et aux partenaires institutionnels et techniques, le 27 mars dernier à la Chambre d’agriculture de Martinique.
Ce projet répond aux objectifs du plan Ecophyto II+, avec l’appui de l’Office français de la biodiversité et le soutien de l’ODEADOM.